Rendez-vous au 07 64 08 09 30

La psychologie humaine est un terrain complexe où émergent deux concepts clés : la résistance et la résilience. Bien que souvent utilisés de manière interchangeable, ces termes portent des nuances subtiles qui méritent d’être explorées pour mieux être compris. Longuement expliqués par le neuropsychiatre Boris Cyrulnik, tâchons d’en voir les application dans une thérapie comportementale et analytique.

Résistance : L’art de faire face aux pressions

La résistance psychologique fait référence à la capacité d’une personne à faire face aux pressions externes sans se laisser abattre. C’est un mécanisme de défense qui permet de maintenir une stabilité émotionnelle face aux défis. La résistance peut être perçue comme une armure psychologique, permettant à un individu de rester fort même dans des situations difficiles. Elle est l’une de nos première réactions aux adversités de la vie. On lui oppose souvent le fait de lâcher (l’em)prise dans l’idée que toute résistance n’est pas bonne à entretenir. Si je résiste, que je me crispe et alors je ne peux pas m’apaiser, me reconstruire, guérir… La résistance est pourtant classique dans le début d’une thérapie et c’est elle qui conduit un.e consultant.e à prendre un premier rendez-vous. Soit ses résistances viennent de lâcher, il y a alors urgence à réagir pour le/la sécuriser. Soit la personne est en hyper-résistance et il faudra alors l’aider à déconstruire tous les mécanismes d’auto-défense mis en place, pour apaiser peu à peu ce qui et aujourd’hui source de souffrance

Résilience : La capacité de rebondir face à l’adversité

La résilience va au-delà de simplement résister aux pressions. Il s’agit de la capacité de rebondir après avoir traversé des moments difficiles. C’est la lumière au bout du tunnel. Les individus résilients ne se contentent pas de maintenir leur équilibre, ils apprennent et grandissent à partir des expériences difficiles. La résilience est un processus dynamique qui favorise la croissance personnelle malgré les épreuves. C’est elle qui est explorée dans le contexte d’une thérapie analytique, afin d’encourager les individus à transformer les adversités en opportunités d’apprentissage. On remonte le fil de l’histoire, on cherche à comprendre tous les rouages, les mécanismes, les blocages, et l’on voit enfin si une autre issue peut être imaginée, fusse-t-elle symbolique (le cerveau ne faisant aucune différence entre un concept, et la représentation qu’il se fait d’un concept)

Le chemin de la guérison est parfois long, et nécessite une bonne dose d’acceptation, d’amour pour soi, de pardon… Comme les cicatrices laisseront un souvenir indélébile à la personne blessée, la résilience permettra de regarder ces cicatrices avec plus de douceur, sans que leur simple vue ne réactive toute la souffrance endurée. Les faits feront alors partie de son histoire, de sa construction…

Points de convergence et de divergence

Bien que résistance et résilience partagent le trait de faire face aux défis, leurs objectifs et leurs résultats diffèrent. La résistance cherche à maintenir la stabilité (mentale, émotionnelle) là où la résilience vise la croissance personnelle et le dépassement. Comprendre ces nuances est crucial pour développer des stratégies d’adaptation efficaces, notamment pour un thérapeute qui marche sur un fil en cherchant le subtil équilibre entre ces deux notions.

On ne peut pas trop rapidement conduire le/la consultant.e sur le chemin de la résilience, car cela nécessite avant tout une bonne compréhension du ou des mécanisme.s psychiques qui ont été mis en place : face au.x traumatisme.s, l’inconscient peut créer une résistance permettant de protéger la personne victime de la douleur, de la difficulté… et ce, aussi longtemps que possible, simplement pour qu’elle puisse « tenir bon » face aux épreuves. La résilience quant à elle, pendra suite en mettant l’accent sur une possible reconstruction et sur la capacité à faire émerger le positif, comme le phénix renaît de ses cendres.

Ce processus en deux étapes devra être soigné afin d’accompagner la personne victime dans une reconstruction psycho-corporelle. C’est une fondation primordiale pour faire émerger les souvenirs, pour les traiter, pour s’adapter, se reconstruire, et enfin guérir… 

Conclusion

Cultiver la résistance implique souvent des stratégies de gestion du stress, tandis que la résilience nécessite un travail plus profond sur la compréhension de soi et le développement personnel. Les deux compétences peuvent être renforcées par la pleine conscience, la méditation et le soutien social, et seront travaillées intensément dans un accompagnement en sophro-analyse, ou alors dans une thérapie de réparation après des violences sexuelles.